« Une diplomatie de connivence », par Bertrand Badie, le 13 décembre au Club Culturel à Qurm [en]

Dans la continuité des conférences organisées par l’Ambassade de France avec le Club Culturel à Qurm, Bertrand BADIE a présenté le 13 décembre son dernier ouvrage, Une diplomatie de connivence. La présentation s’est faite en anglais, traduite en arabe. Une réunion à l’Institut Diplomatique du ministère des Affaires Etrangères s’était également tenu la veille, en présence de Son Exc. l’Ambassadrice et du directeur de l’Institut Diplomatique, ainsi que de membres de l’administration omanaise.

Conférence de Bertrand Badie au club culturel
Conférence de Bertrand Badie au club culturel
Conférence de Bertrand Badie au club culturel
Conférence de Bertrand Badie au club culturel
Conférence de Bertrand Badie au club culturel
Conférence de Bertrand Badie au club culturel
Conférence de Bertrand Badie au club culturel
Conférence de Bertrand Badie au club culturel
Conférence de Bertrand Badie au club culturel
Conférence de Bertrand Badie au club culturel
Conférence de Bertrand Badie au club culturel
Conférence de Bertrand Badie au club culturel
Conférence de Bertrand Badie à l'Institut Diplomatique
Conférence de Bertrand Badie à l'Institut Diplomatique

«  Une diplomatie de connivence  »
Bertrand Badie a introduit son exposé par un rapide récapitulatif des postulats fondamentaux de son ouvrage. Ainsi a-t-il rappelé que le concept de système international est souvent rejeté par les spécialistes, les relations internationales n’étant selon la vision classique théorisée par Thomas Hobbs, que le terrain des affrontements inter-étatiques. Le professeur Badie a décrit le 20ème siècle comme marqué par la libre compétition entre les états, et l’absence de multilatéralisme depuis la fin de la bipolarité, symptomatique de l’absence de politique mondiale commune.

Il a alors dressé un récapitulatif de l’histoire des systèmes internationaux, qu’il identifie à partir de 1815 et de la première « diplomatie de concert », basée sur les intérêts de chaque Empire (Russie, Prusse, Grande-Bretagne et Autriche-Hongrie), mais aussi, sur le besoin de concertation et de coopération nécessaires à l’équilibre européen. Ce système de gouvernance mondiale oligarchique est vu comme une « diplomatie de club », cinq pays décidant de l’avenir de l’Europe, l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient.

Ce modèle qui cède le pas aux théories de Bismarck réapparaît suite à la Première Guerre mondiale, et perdure à travers le système bipolaire. Evoquant la place particulière des Etats-Unis dans cet ordre mondial, et l’évolution de ce système depuis 1975 avec la création du G6 (aujourd’hui G8), Bertrand Badie a achevé son exposé en dénonçant la nature de plus en plus humiliante de cette diplomatie de club qui marginalise les autres Etats souverains. Il a également dénoncé l’absence d’effectivité, et l’insuffisance de la régulation mondiale. Selon lui, l’existence du G8 et du G20 ne se justifie que par le besoin de s’afficher unis contre les problèmes mondiaux. Excluante, peu coopérative, mais profondément oligarchique, cette diplomatie repose sur le principe de connivence qui la condamne en fait à l’immobilisme

Suite à quelques questions de l’auditoire, l’attention de la conférence s’est portée sur le Monde arabe et les récentes révolutions. Dans sa réponse, Bertrand Badie a mis en exergue l’absence d’indépendance des pays arabes, instrumentalisés dans le sens des intérêts de cette oligarchie, qui d’ailleurs ne sait plus comment répondre aux problèmes mondiaux. Il a cependant rejeté l’idée d’un « clash des civilisations » pour expliquer les révolutions arabes, celle-ci ne traitant pas initialement des questions religieuses ou culturelles, mais principalement des problèmes politiques et économiques.
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Bertrand BADIE est professeur des Universités à l’Institut d’études politiques(IEP) de Paris depuis 1990, où il dirige depuis 1999 le département d’études en relations internationales. Chercheur associé au Centre d’étude des relations internationales (CERI), il est également Président du Conseil Scientifique de l’Institut Français du Proche-Orient (IFPO) et Vice-président de l’Association Internationale de Science Politique.
Politologue français spécialisé dans les relations internationales, il a rédigé de nombreux ouvrages en se concentrant notamment sur les effets de la globalisation sur le jeu diplomatique mondial. Dans son ouvrage "La fin des territoires" (1995), il met notamment en évidence l’insertion progressive d’organisations non-étatiques (ONG ou multinationales) dans le jeu des relations internationales, qui influent sur les différents acteurs nationaux sans contrôle des états.

Dernière modification : 20/02/2015

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