Le Sultanat d’Oman et les entreprises françaises

Le Sultanat d’Oman est un exemple de réussite économique exceptionnelle et le chemin parcouru, qui a su allier tradition et modernité, est étourdissant à bien des égards.

A la fin des années 60, le Sultanat d’Oman était l’un des pays les plus pauvres du monde. Plusieurs dizaines de milliers d’Omanais s’étaient exilés. Dans la capitale, Mascate, les portes étaient fermées la nuit. Toute influence étrangère était perçue comme un risque de contamination idéologique extérieure. Il n’existait aucune voie de communication interne, l’industrie était inexistante.

Le revenu par habitant est passé en 40 ans de 450 USD à plus de 20.000 USD, alors même que le nombre d’habitants a été multiplié par 4 (un peu plus de 3 millions d’habitants aujourd’hui) et le Sultanat est devenu un pays moderne, ouvert sur l’extérieur, riche de solides infrastructures (routes, ports, aéroports, santé, éducation...).

Après les événements du début de l’année 2011, le Sultanat d’Oman entre dans une nouvelle phase de son histoire. Un processus de démocratisation est en marche et Sa Majesté le Sultan Qabous, au pouvoir depuis plus de 40 ans, reste attentif aux aspirations de son peuple. A la différence des autres pays arabes en proie aux mouvements de contestation, le Sultan Qabous n’est pas la cible des revendications. Chacun admet que c’est grâce à sa vision politique ambitieuse et à sa gestion de la manne pétrolière que le pays a connu un véritable miracle de développement, appelé ici « an nahdha » (renaissance).

Grâce aux hydrocarbures (pétrole et gaz), qui fournissent encore 80 % des recettes budgétaires, le pays a pu bénéficier d’une forte croissance et dégager des marges de manœuvre pour préparer l’avenir, un avenir qui doit passer par une moindre dépendance pétrolière et donc une diversification de l’activité économique.

Un vrai tissu industriel se met en place à Mascate, mais également autour des ports de Sohar et de Salalah et bientôt autour de celui de Duqm, redonnant vie à la façade du Sultanat tournée vers l’océan Indien. Cette nouvelle phase de développement appelle la construction de nouvelles infrastructures à travers un pays dont la superficie avoisine les 3/5 de la France.

Il existe aujourd’hui en Oman un vaste potentiel d’opportunités pour les entreprises françaises, dans quasiment tous les domaines. Si la présence française est aujourd’hui notable dans des secteurs comme ceux de l’eau, de l’électricité, de l’environnement, de l’aéronautique, il est regrettable que nos exportations ne soient pas à la hauteur de la qualité de notre relation bilatérale. La France n’occupe plus aujourd’hui que la 15ème place des fournisseurs du pays. Certes, la concurrence asiatique est forte (les liens avec l’Inde et la Chine sont anciens) mais plusieurs pays européens ont ici des parts de marché supérieures à la nôtre.

La destination Oman mérite mieux : les Omanais sont très accueillants et souhaitent travailler avec les Français à condition qu’ils sachent adapter leur offre à la demande locale.

Le Sultanat, situé dans une région à forte croissance et membre fondateur du Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golfe, est demandeur de coopération avec la France, en particulier dans des secteurs où l’offre française bénéficie d’une image positive et d’un savoir-faire : énergies alternatives, transports et communications, aménagement urbain, équipements industriels gazier et aluminium, NTIC, santé et biens de consommation...

Marc DEBALLON
Conseiller Economique et Commercial

Dernière modification : 06/04/2011

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