L’Empire omanais et la période coloniale

De 1814 à 1840, la France reprend pied dans l’Océan Indien, et des relations s’établissent à nouveau, cette fois entre Mascate et l’île Bourbon (future Réunion). Dans les années 1840, l’Oman se trouve à l’apogée de sa puissance commerciale et politique ; il domine un vaste empire maritime allant des côtes de la Perse (Bandar-Abbas) et du Baloutchistan (Guadar) jusqu’à Zanzibar et au Cap Delgago sur la côte africaine (frontière nord du Mozambique actuel).

Le Sultan SAID déploie une grande activité diplomatique : il signe des accords avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, et bientôt avec la France, dont les nouvelles possessions à Madagascar et aux Comores sont voisines des siennes : après un premier accord en 1841, un Traité d’Amitié et de Commerce est signé le 4 novembre 1844 ; il sera ratifié en 1846.

Ce traité permet un développement notable des relations entre Zanzibar et La Réunion, mais aussi l’essor d’un commerce direct entre l’Empire omanais et la France métropolitaine. Ainsi en 1849, la fameuse expédition du navire marchand omanais " La Caroline " fut une réussite commerciale, grâce à la Chambre de Commerce de Marseille, tandis qu’un envoyé du Sultan SAID, Hadji DERWICH, visitait Toulon et Paris, où il fut reçu par LOUIS-NAPOLEON BONAPARTE, alors Président de la République

Après la mort (1856) du Sultan SAID, son empire est divisé en deux sultanats distincts, qui échoient chacun à l’un de ses fils. Par une convention passée en 1862, Londres et Paris s’engagent à respecter l’indépendance des deux Sultanats de Zanzibar et de Mascate. Londres n’en transformera pas moins Zanzibar en protectorat en 1890, mais, grâce à cette convention, la souveraineté des Sultans de Mascate a toujours été formellement respectée.

Les relations franco-omanaises se renforcent nettement après l’ouverture, décidée en 1894 par le Ministre des Affaires Etrangères HANOTAUX, d’une représentation consulaire de France à Mascate. Le Vice-Consul Paul OTTAVI, arrivé en 1894, gagne rapidement la confiance du Sultan FAYSAL, qui se montre bien disposé à l’égard de la France ; c’est lui qui fait don, en 1896, de la belle demeure de Mascate qui est devenue la " Maison de la France ", Beit Fransa.

Dernière modification : 17/10/2011

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